Station 13 — La bataille de Villersexel : la nuit où le château brûla
Nous sommes le 9 janvier 1871.
Depuis plusieurs mois, la France est en guerre contre la Prusse et ses alliés allemands. Les défaites se sont accumulées. Napoléon III a été capturé à Sedan, Paris est assiégé et beaucoup pensent que la guerre est perdue. Pourtant, une nouvelle armée française se forme : l'Armée de l'Est, commandée par le général Charles-Denis Bourbaki. Sa mission est ambitieuse : marcher vers Belfort, délivrer la ville assiégée et reprendre l'initiative.
Le 9 janvier, cette armée arrive dans la région de Villersexel.
Face à elle se trouve le général prussien August von Werder. Comprenant le danger que représente l'armée de Bourbaki, il décide de lui barrer la route. Les combats éclatent dès le matin autour du village et des ponts de l'Ognon.
Au début de la journée, les Français sont surpris. Les Prussiens franchissent une passerelle mal défendue et parviennent à pénétrer dans Villersexel. À treize heures, le village est occupé et le château tombe entre leurs mains. Les soldats allemands s'y retranchent tandis que les combats se poursuivent dans les rues et les champs environnants.
Mais l'histoire ne s'arrête pas là.
Dans l'après-midi, Bourbaki intervient personnellement. Il reste au plus près du champ de bataille et organise une contre-attaque générale. Des milliers de soldats français convergent vers Villersexel. Les combats deviennent extrêmement violents. On se bat dans les rues, dans les jardins, autour du château, parfois au corps à corps.
À dix-sept heures, les Français reprennent le château.
La bataille continue pourtant toute la soirée. Dans la confusion des combats, un incendie se déclare. Les flammes gagnent rapidement l'ancienne demeure des Grammont. Le feu éclaire la nuit d'hiver tandis que les soldats poursuivent leurs affrontements autour des ruines en train de s'effondrer.
Vers trois heures du matin, les Prussiens se retirent finalement.
Militairement, c'est une victoire française. L'une des rares grandes victoires de la guerre de 1870-1871. Les pertes sont lourdes des deux côtés : plusieurs centaines de morts, de blessés et de prisonniers. La France peut célébrer un succès.
Mais cette victoire a un goût amer.
Le village est en partie détruit. Le château ancestral des Grammont n'est plus qu'un amas de ruines fumantes. Surtout, Bourbaki ne parvient pas à exploiter son succès. Les retards, le manque de ravitaillement et l'hiver rigoureux permettent aux troupes de von Werder de se replier et de préparer leurs défenses sur la Lizaine. Quelques jours plus tard, l'armée française échoue devant Belfort et la campagne tourne au désastre.
Pour Villersexel, cependant, cette nuit de janvier 1871 marque le début d'une nouvelle histoire.
Sans la bataille, vous ne visiteriez probablement pas ce château.
L'ancienne demeure a disparu dans les flammes. Le bâtiment qui se dresse aujourd'hui devant vous est né de cette catastrophe. Reconstruit entre 1882 et 1887 par l'architecte Eugène Danjoy, il est le résultat direct de cette nuit de guerre.
Chaque pierre du château actuel est donc, d'une certaine manière, la conséquence de la bataille de Villersexel.
Lorsque vous regardez cette demeure, souvenez-vous qu'elle est à la fois un monument de paix et l'héritière d'un champ de bataille.
Depuis plusieurs mois, la France est en guerre contre la Prusse et ses alliés allemands. Les défaites se sont accumulées. Napoléon III a été capturé à Sedan, Paris est assiégé et beaucoup pensent que la guerre est perdue. Pourtant, une nouvelle armée française se forme : l'Armée de l'Est, commandée par le général Charles-Denis Bourbaki. Sa mission est ambitieuse : marcher vers Belfort, délivrer la ville assiégée et reprendre l'initiative.
Le 9 janvier, cette armée arrive dans la région de Villersexel.
Face à elle se trouve le général prussien August von Werder. Comprenant le danger que représente l'armée de Bourbaki, il décide de lui barrer la route. Les combats éclatent dès le matin autour du village et des ponts de l'Ognon.
Au début de la journée, les Français sont surpris. Les Prussiens franchissent une passerelle mal défendue et parviennent à pénétrer dans Villersexel. À treize heures, le village est occupé et le château tombe entre leurs mains. Les soldats allemands s'y retranchent tandis que les combats se poursuivent dans les rues et les champs environnants.
Mais l'histoire ne s'arrête pas là.
Dans l'après-midi, Bourbaki intervient personnellement. Il reste au plus près du champ de bataille et organise une contre-attaque générale. Des milliers de soldats français convergent vers Villersexel. Les combats deviennent extrêmement violents. On se bat dans les rues, dans les jardins, autour du château, parfois au corps à corps.
À dix-sept heures, les Français reprennent le château.
La bataille continue pourtant toute la soirée. Dans la confusion des combats, un incendie se déclare. Les flammes gagnent rapidement l'ancienne demeure des Grammont. Le feu éclaire la nuit d'hiver tandis que les soldats poursuivent leurs affrontements autour des ruines en train de s'effondrer.
Vers trois heures du matin, les Prussiens se retirent finalement.
Militairement, c'est une victoire française. L'une des rares grandes victoires de la guerre de 1870-1871. Les pertes sont lourdes des deux côtés : plusieurs centaines de morts, de blessés et de prisonniers. La France peut célébrer un succès.
Mais cette victoire a un goût amer.
Le village est en partie détruit. Le château ancestral des Grammont n'est plus qu'un amas de ruines fumantes. Surtout, Bourbaki ne parvient pas à exploiter son succès. Les retards, le manque de ravitaillement et l'hiver rigoureux permettent aux troupes de von Werder de se replier et de préparer leurs défenses sur la Lizaine. Quelques jours plus tard, l'armée française échoue devant Belfort et la campagne tourne au désastre.
Pour Villersexel, cependant, cette nuit de janvier 1871 marque le début d'une nouvelle histoire.
Sans la bataille, vous ne visiteriez probablement pas ce château.
L'ancienne demeure a disparu dans les flammes. Le bâtiment qui se dresse aujourd'hui devant vous est né de cette catastrophe. Reconstruit entre 1882 et 1887 par l'architecte Eugène Danjoy, il est le résultat direct de cette nuit de guerre.
Chaque pierre du château actuel est donc, d'une certaine manière, la conséquence de la bataille de Villersexel.
Lorsque vous regardez cette demeure, souvenez-vous qu'elle est à la fois un monument de paix et l'héritière d'un champ de bataille.